Landing color

Landing color
في لون الأرض

Né à Evry en 1980, après le départ de mes parents du Liban dans les années 70, pendant la guerre civile.

Mes photographies proviennent des allers/retours, des morcellements et du vivant. Je cherche l’interrupteur qui allume le vague d’humidité de Beyrouth à la sortie de l’avion, le goût amer du café, des paysages en marge qui défilent à travers les fenêtres des bus, l’arrachement, le froid gris des retours à Roissy, les cours d’eau et les figuiers qui surgissent la nuit.

Landing color, l’atterrissage, la couleur quand on atterrit. Trouver ma propre topographie, ma propre langue. Ouvrir des brèches qui donnent à voir et à ressentir, que l’ailleurs n’en soit plus un, que l’autre ne soit plus autre, que le vivant soit vivant.

Un premier travail, « Sea roads », est exposé en 2020 à Istanbul en partenariat avec la fondation Anadolu Kültür sur Beyrouth, le Kurdistan et les rives du Bosphore et un second en 2021, « Palm trees », à la galerie Poltred à Lyon sur la rive nord de la Méditerranée, entre Lisbonne, Nantes, Bari et Tyr.

En mai 2021, j’amorce ” Brèches – خروقات – Beyrouth, ton souffle sur nos visages”, avec Odette Makhlouf, Mayssa Khoury et Ghassan Salhab, vidéastes et photographes libanais, sur l’effondrement de la ville, pour donner à voir et ressentir le contrepoint des vies intérieures au Liban.

Ces dernières années j’explore les images des journaux télévisés enregistrés sur vhs par ma mère pendant la guerre civile, les diapositives de mon père et les lettres échangées à l’époque avec ma famille au Liban. Et puis les rivières, les forêts et les côtes en Europe, avec Claire et nos enfants, comme un territoire s’écrivant au présent.